Les traverses est un collectif de traductrices qui contribue à la circulation de textes et de paroles entre les espaces hispanophones et francophones. Le choix des œuvres traduites poursuit un objectif politique : esquisser les constellations – les rencontres réelles et symboliques – qui se tissent entre idées non hégémoniques, observations situées, réflexions à rebours, voix minorisées et rêveries silenciées. Parce qu’elles constituent des lignes de fuite pour la pensée, qu’elles sont porteuses de nouveaux imaginaires et de potentialités émancipatrices, ces œuvres nous apparaissent comme des armes à saisir, capables de déjouer les forces capitalistes, coloniales, sexistes et racistes.  

Nous accompagnons le voyage de nos traductions collectives de plusieurs outils. Ces outils se composent d’un corpus de textes sur le travail de traduction entre l’espagnol et le français, sur la méthodologie et la politique de la traduction, sur les questions que soulèvent certains mots ou expressions. Nous cherchons à ébaucher ainsi un lexique critique. Nous tenons également un journal de traduction où nous ouvrons la voix-e de la narration : les histoires et réflexions engagées par la traduction de tel ou tel ouvrage.

LES TRAVERSES

Español

Il y a des mots suggestifs, qui nous aident à penser. Des mots polysémiques, des mots-images. Des mots riches de leurs parentèles (locutions) plus que de leurs descendances. Des mots prolifiques dans une langue parce que travaillés par l’expérience et la vie et qui une fois traduits, se vident par leurs maigres usages dans l’autre.

Il y a de ces mots….

[Lire la suite]

Chemins collectifs de traduction

Español

À rebours du langage démocratique qui semble aujourd’hui devenir hégémonique dans la pratique et la théorie de la traduction, nous mettons au cœur de notre pratique le conflit. Nous tirons des antagonismes inhérents à la traduction – liés à la langue mais aussi aux contextes politiques et épistémologiques dans lesquelles elle prend lieu – sa force pensive et sa puissance créatrice.

[Lire la suite]

Des traductions situées

Español

Le regard qui vient « de nulle part…

« [est un] regard qui marque mystiquement tous les corps et qui fabrique la catégorie non-marquée qui revendique le pouvoir de voir et ne pas être vu, de représenter et d’éviter la représentation »
Donna Haraway, 1995, Ciencia, cyborgs y mujeres. La reinvención de la naturaleza.

« dans la division internationale du travail intellectuel, nous [les populations du Sud] sommes assignés aux rôles de consommateurs de catégories théoriques et, au mieux, de fournisseurs de matière première (les données de terrain), que le Nord transforme, retravaille et nous restitue sous forme de “pensée” »
Rita Segato, 2018, Contrapedagogías de la crueldad.

Donna Haraway nous invite à produire de la « connaissance située ». C’est dans cette perspective que nous choisissons de visibiliser les caractéristiques de notre parole en tant que traductrices.

[Lire la suite]

Les traductrices

CRISTINA MORENO

La singularité des rapports aux langues malaxe le corps de la traduction comme de la pâte d’argile. Cette singularité, à la base de notre pratique collective, se situe à la croisée des histoires.

[Lire la suite]

ALICIA RINALDY

L’histoire qui suit est l’histoire commune (à la fois banale et collective) d’un·e individu·e qui cherche à s’affirmer dans une langue qui lui est toujours un peu étrangère.

[Lire la suite]

THARA CORREDOR

Quelle est ma langue? Est-ce celle de ma pensée?
On pourrait dire que je (me) parle à plusieures langues.
Entre le français et l’espagnol il n’y en a pas une qui « vient d’abord ».

[Lire la suite]